L’agriculture biologique en Tunisie : un secteur qui prend son envoi

Depuis quelques années, le bio s’impose peu à peu dans les champs tunisiens. Les oliviers et les palmiers-dattiers ne sont plus les seuls concernés, car de plus en plus d’agriculteurs, souvent jeunes, se lancent dans cette voie. Il faut dire que le secteur ouvre de belles portes à l’exportation et crée des emplois. Pour l’accompagner, l’Etat a fixé un cap ambitieux. Il veut atteindre 2 millions d’hectares cultivés en bio d’ici 2030, tout n protégeant la nature et en pensant à l’avenir.

Des chiffres éloquents et une place de choix dans le monde

Les données de l’Observatoire national de l’agriculture montrent bien cet élan. Entre janvier et fin mai 2025, la Tunisie a vendu environ 34 452 tonnes de produits bio à l’étranger, pour 420,4 millions de dinars de recettes. Ces produits ont pris la route de 38 pays, ce qui prouve que les marchés ne manquent pas.

L’huile d’olive domine largement avec 87,8% du volume exporté, suivie par les dattes (11,7%). On trouve aussi sur la liste la figue de barbarie, les plantes aromatiques et médicinales, le miel, les céréales, les légumes et la viande.

Le rapport de la Direction générale de l’agriculture biologique, daté de septembre 2025, donne une autre image. En 2024, les terres bio couvraient entre 235 000 et 400 000 hectares, soit près de 2 % des terres agricoles. Le bio pesait entre 14 et 17,7% des exportations agricoles, pour plus de 1,13% milliard de dollars. Le pays se place ainsi premier en Afrique et 23e dans le monde pour ses surfaces bio. Il compte aussi parmi les plus grands exportateurs mondiaux d’huile biologique. Selon la FAO, environ 9 000 personnes travaillent dans la filière, entre agriculteurs, producteurs et négociants.

Des obstacles à lever pour aller plus loin

Tout n’est pourtant pas rose. Les producteurs font face à des intrants et des équipements très chers. Obtenir les certificats de conformité reste compliqué, tout comme vendre leurs produits et accéder à certains marchés, où la concurrence est rude. Or, la demande mondiale grandit, et ces acteurs ont besoin d’un meilleur accompagnement pour rester compétitifs et respecter les nouvelles normes internationales.

Deux autres chantiers attendent encore. D’abord, il faut convaincre les consommateurs tunisiens de réclamer des produits certifiés bio, car le marché local compte aussi. Ensuite, il faut pousser les autorités à offrir des exemptions douanières et des aides aux projets biologiques. Avec ce coup de pouce. Le secteur pourrait vraiment prendre une autre dimension.

Laisser un commentaire