
Alors que l’année 2025 touche à sa fin, plusieurs études publiées par des institutions nationales et internationales dressent un tableau plutôt encourageant de l’économie tunisienne. Comparée à certains pays de la région, la Tunisie aborderait l’année 2026 dans une position relativement stable. Cette nouvelle étape coïncidera avec le lancement effectif du plan de développement 2026-2030, une feuille de route censée orienter l’économie vers une croissance plus solide. Les projections officielles évoquent un taux de croissance avoisinant les 3,3%, un niveau supérieur à celui enregistré l’année précédente.
Une croissance soutenue par plusieurs secteurs
Les perspectives économiques pour 2026 reposent sur l’idée d’une croissance moins dépendante d’un seul moteur. Les autorités souhaitent élargir les sources de création de richesse en renforçant l’apport de plusieurs activités économiques, notamment celles qui génèrent une forte valeur ajoutée. Cette stratégie vise à rendre l’économie nationale plus diversifiée et donc plus résistante face aux fluctuations internationales.
Le cadre global de cette stratégie s’inscrit dans le plan de développement couvrant la période 2026-2030. Celui-ci introduit une méthode différente de planification, basée sur une démarche dite « ascendante ». Concrètement, les conseils élus au niveau local devraient jouer un rôle central en proposant des initiatives adaptés aux besoins spécifiques de leurs régions. L’objectif est de favoriser l’émergence d’idées nouvelles capables de stimuler l’activité économique dans l’ensemble du pays. Dans cette logique, plusieurs projets à vocation sociale et économique seront intégrés à la balance économique ainsi qu’au budget de l’Etat pour l’année 2026. Ces initiatives visent à répondre aux priorités actuelles tout en préparant la mise en œuvre du plan de développement à moyen terme.
Investissements, commerce extérieur et stabilité monétaire
L’amélioration de la performance des secteurs productifs constitue également un axe essentiel de la stratégie économique. Les autorités entendent renforcer la rentabilité aussi bien dans l’industrie que dans les services, notamment à travers des programmes sectoriels ciblés et des politiques publiques destinées à soutenir l’activité. Si l’objectif de croissance fixé pour 2026 se concrétise, le produit intérieur brut pourrait progresser de manière notable, après une hausse estimée à 1,8% en 2025. Cette évolution devrait avoir un impact direct sur le revenu moyen par habitant, qui pourrait augmenter de 7,4% pour atteindre environ 15 691 dinars.
Les indicateurs économiques récents montrent déjà certains signes positifs. Les investissements étrangers ont connu une progression significative durant l’année 2025. A la fin du mois de septembre, la Tunisie avait attiré près de 2,885 milliards de dinars d’investissements directs et indirects, soit une augmentation de plus de 28% par rapport à la même période de l’année précédente.
Du côté de commerce extérieur, plusieurs secteurs exportateurs ont affiché des performances encourageantes. Les ventes de phosphates et de leurs dérivés ont enregistré une hausse notable de 11,9%, tandis que les industries mécaniques et électriques ont progressé d’environ 6,7%. En revanche, les exportations dans le domaine énergétique ont connu un recul important, atteignant près de 39%.
Inflation en recul et défis à relever
La question de la hausse des prix reste un enjeu majeur pour l’économie tunisienne. Toutefois, l’inflation a montré des signes d’apaisement en 2025, se situant autour de 4,9% grâce au ralentissement de la progression des prix de certains produits de base, notamment les denrées alimentaires. Cette évolution a permis à la Banque centrale de Tunisie d’assouplir sa politique monétaire. En mars, l’institution a abaissé son taux directeur à 7,5%, une décision qui pourrait faciliter l’accès au financement pour de nombreuses petites et moyennes entreprises souhaitant lancer ou développer leurs projets.
Par ailleurs, les réserves en devises au pays couvrent environ 108 jours d’importation, ce qui offre une marge de sécurité pour honorer les engagements financiers extérieurs. Les autorités ont d’ailleurs confirmé que la Tunisie a réussi à rembourser ses échéances de dette extérieure prévues pour l’année 2025.
Le dinar tunisien a également montré une certaine résistance face aux principales devises internationales. Sa valeur s’est légèrement appréciée face au dollar américain et à l’euro, respectivement de 2,8% et 0,5% à la fin du mois de septembre 2025.
Malgré ces signaux encourageants, le véritable défi reste la transformation de ces indicateurs économiques en progrès concert pour la population. La création d’emplois durables, en particulier pour les jeunes, demeure un objectif central. La réussite du nouveau cycle de développement dépendra donc la capacité du pays à traduire les performances macroéconomique en opportunités réelles sur le terrain.