
Une économie portée par l’agriculture, l’industrie et les services
La Tunisie devrait poursuivre sa progression à un rythme modéré en 2026, malgré un environnement économique encore marqué par différents défis. Dans son dernier rapport sur les perspectives économiques arabes, le Fonds monétaire arabe (FMA) table sur une croissance de 2,6% cette année.
Cette évolution devrait être portée par plusieurs secteurs, en particulier l’agriculture, les industries agroalimentaires, mécaniques et électriques, ainsi que par la reprise des activités liées au tourisme. Le secteur agricole devrait également bénéficier d’une amélioration de sa valeur ajoutée, tandis que les branches industrielles pourraient retrouver davantage de dynamisme. Les services, de leur côté, devraient profiter de la reprise du tourisme.
Le FMA souligne également les efforts déployés par les autorités tunisiennes pour renforcer la sécurité alimentaire et améliorer l’approvisionnement du marché. Parmi les mesures engagées figurent l’augmentation des capacités de stockage, le soutien à l’utilisation des semences et des engrais ainsi que la réforme du système de distribution.
Ces initiatives interviennent alors que l’évolution des prix demeure une préoccupation pour les ménages comme pour les entreprises. La maîtrise de l’inflation reste donc essentielle afin de préserver le pouvoir d’achat tout en accompagnant la reprise économique.
Sur le plan monétaire, la Banque centrale de Tunisie maintient une politique prudente. D’après le FMA, son taux directeur s’établissait à 7% à la fin de mars 2026. Ce choix intervient dans un contexte marqué par la réapparition de certaines tensions sur les prix.
Une inflation en recul, mais des tensions persistent
L’évolution de l’inflation constitue l’un des points positifs relevés par le FMA. En Tunisie, son rythme diminue pour la troisième année consécutive. Après 9,3% en 2023 et 7% en 2024, elle s’est établie à 5,3% en 2025.
Cette baisse s’explique en partie par l’apaisement des pressions inflationnistes venues de l’extérieur et par la diminution des prix internationaux de certaines matières premières. La tendance reste donc globalement positive, même si la question des prix continue de peser sur l’économie tunisienne.
Les données de l’Institut national de la statistique confirment cette évolution, tout en montrant quelques tensions récentes. L’inflation s’est située à 4,9% au premier trimestre 2026, en glissement annuel, avant de remonter à 5,5% en avril. Cette progression rappelle que le recul de l’inflation reste fragile et que les prix peuvent encore connaître de nouvelles hausses.
Le fonctionnement du système de distribution représente un autre défi. La présence de nombreux intermédiaires entre les producteurs et les consommateurs rend le circuit plus complexe et peut contribuer à maintenir une pression sur les prix. Cette situation montre que la maîtrise de l’inflation ne dépend pas uniquement des décisions monétaires, mais aussi de la manière dont les produits circulent jusqu’au consommateur.