
Face aux mutations rapides de l’économie mondiale et à l’évolution constante des besoins en compétences, la Tunisie s’engage dans une nouvelle phase de modernisation de son système d’enseignement supérieur. L’objectif est double : renforcer la capacité des établissements à répondre aux exigences du marché du travail et consolider leur rôle dans la production de connaissance et d’innovation. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’initiative récemment approuvée par la Banque mondiale, visant à accompagner les efforts nationaux pour améliorer la qualité des formations, développer de nouveaux outils pédagogiques et soutenir la gouvernance universitaire.
Le rapport de la banque mondiale
Le conseil des administrateurs de la Banque mondiale a donné son accord à un programme d’envergure destiné à rehausser la qualité de l’enseignement supérieur tunisien et à soutenir les institutions de recherche. Cette initiative a pour objectif de mieux armer les étudiants face aux exigences professionnelles actuelles, tout en accompagnant les réformes engagées pour moderniser la gestion des universités et développer des liens plus étroits avec le tissu économique.
Au cours des dernières, la Tunisie a multiplié les efforts pour rapprocher le système universitaire des besoins des secteurs productifs. La refonte de plusieurs cursus, l’ouverture e nouvelles spécialités et le renforcement des partenariats entre établissements académiques et entreprises ont permis d’améliorer progressivement la pertinence des formations. Malgré ces avancées, des défis majeurs subsistent, notamment un chômage des jeunes particulièrement élevé et une insertion lente dans la vie active. Ces difficultés sont accentuées par un secteur privé qui peine encore à offrir des postes hautement qualifiés, mais aussi par des lacunes dans l’acquisition des compétences pratiques et professionnelles.
Dans un environnement mondial traversé par la transition numérique et les impératifs climatiques, il devient essentiel d’investir durablement dans des domaines stratégiques tels que les technologies vertes, les outils digitaux et les compétences liées à la santé. Le développement de ces nouveaux savoir-faire constitue un levier crucial pour renforcer la compétitivité des futurs diplômés et soutenir la croissance économique du pays.
Pour répondre à ces enjeux, le projet RESPIRE (Renforcement de l’Enseignement Supérieur pour l’Innovation, la Résilience et l’Employabilité) se déploie autour de deux axes principaux. Le premier vise à enrichir et moderniser les programmes universitaires dans les secteurs où la demande en compétences est la plus forte, tout en améliorant l’accès aux formations et les conditions d’apprentissage grâce à la renforcés avec les employeurs. Le second axe se concentre sur la gouvernance du système universitaire, à travers la digitalisation, la consolidation des mécanismes d’assurance qualité et l’amélioration du pilotage institutionnel, afin d’instaurer un cadre durable propice à la réussite du projet.